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Autres Alternatives > Le biocarburant de deuxième génération, c’est BioTFuel !
Par Vincent Girard Le 30 10 2009
L'État a décidé le 7 octobre dernier de se lancer dans l'expérimentation des agro-carburants de seconde génération avec le projet BioTFuel. Approuvé par l’Ademe*, ce dernier vise à utiliser la biomasse ligno-cellulosique (bois, paille, déchets, etc.) pour créer du carburant. Reste à définir le véritable bilan écologique de cette deuxième génération.

"La position de la France est claire : cap sur la 2e génération de biocarburants et pause sur de nouvelles capacités de production de biocarburants d'origine agricole. Les investissements déjà lancés pour produire des biocarburants de première génération seront toutefois honorés. Je souhaite que les biocarburants importés respectent les normes de travail internationales, permettent des réductions d'émissions de CO2, remplissent des critères de durabilité dans leur production. Je veux qu'on amplifie la recherche sur la 2e génération pour que ces biocarburants ne soient en aucun cas en concurrence avec des sites alimentaires." Plus d’un an après ce discours de Jean-Louis Borloo tenu à l’occasion du Forum international de l'énergie à Rome, la France passe la seconde. L’Ademe (l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) a donné son feu vert le 7 octobre dernier au programme baptisé BioTFuel.
Les groupes pétroliers sont impliqués
© R D -  Droits Réservés
Ce projet industriel devra permettre le développement de biogazole de deuxième génération. Sofiprotéol (Établissement Financier de la Filière Française des Huiles et Protéines Végétales), le Commissariat à l'énergie atomique, l'Institut français du pétrole, Total et l'industriel allemand Uhde seront réunis dans un consortium créé pour l’occasion. Ces biocarburants de deuxième génération utilisent des ressources plus diversifiées pour leur production. Contrairement à la première génération qui utilisent des aliments de base (mais, betterave à sucre, blé, soja), cette deuxième génération serait issue de résidus de récoltes (pailles, tiges, coques de tournesol) et de bois ou d'industries agroalimentaires à l’image de ce que certain parviennent déjà à faire avec de l’huile de cuisine.

Le montage du consortium représentera 112 millions d'euros sur cinq ans (dont 33 seront versés par l’État). Il comportera deux unités, l'une à Compiègne et l'autre sur un site de Total. Cela permettrait de valoriser la partie de la plante qui n'est pas destinée à l'alimentation. D'autre part, ces biocarburants de deuxième génération permettraient de mobiliser des surfaces qui ne sont pas destinées à l'usage alimentaire, ce qui constituait jusqu’alors le principal défaut des biocarburants de première génération.
Un projet trop avant-gardiste ?
© R D -  Droits Réservés
Le but est également de respecter les contraintes imposées par l’Union Européenne en matière de biocarburants. L’UE s'est fixée l'objectif suivant : les biocarburants doivent représenter 10 % de la consommation de carburants en 2020. La France espère parvenir à ce seuil cinq ans avant la date butoir. La loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006 prévoit en effet l’incorporation de biocarburants à hauteur de 7 % en 2010, de 10 % en 2015. Or, c’est bien ce cadre législatif qui devrait aider les biocarburants à s’imposer sur le marché car, en temps normal, seul un gazole produit à partir d’un brut à 60-65 dollars le baril rendra compétitif le biodiesel. En contraignant les états à atteindre un seuil minimum de biocarburant, l’UE les oblige donc à contraindre à leur tour les grands groupes pétroliers à s’engager sur cette voie.

Reste que le projet BioTFuel doit déjà faire face à la critique, quelques jours après son lancement officiel. France Nature Environnement (FNE) a ainsi dénoncé "un projet trop avant-gardiste alors même que l’intérêt énergétique ou environnemental de la première génération d’agro-carburants n’a pas encore été démontré (l’Ademe n’a publié aucun rapport à ce sujet)". Pour l’association, "une expertise sur le bilan énergétique, climatique, environnemental (eau, sol, biodiversité) et sanitaire des agro-carburants de première génération est indispensable".
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