Francfort 2009 : de l’électricité dans l’air !
Par Vincent Girard Le 14 09 2009
Dans quelques jours (17-27 septembre), le secteur automobile se retrouvera à Francfort pour la 63e édition du salon germanique. Si quelques constructeurs manqueront à l’appel pour cause de crise économique, les nouveautés seront au rendez-vous pour la plupart des marques présentes. Omniprésent cette année à Francfort, l’électrique ne devrait pas épargner 4x4 et autres SUV.
Assurément, ce sera l’un des sujets de discussions des professionnels dans les allées du salon de Francfort… Enjeu national de l’autre côté du Rhin, l’avenir d’Opel se jouait à une semaine à peine de l’ouverture du plus grand salon allemand. Le dénouement de l’affaire sera finalement intervenu jeudi 10 septembre lorsqu’Angela Merkel annonçait que General Motors allait vendre Opel à l'équipementier automobile canadien, grâce notamment à 4,5 milliards d'euros de garanties publiques. Une bonne nouvelle qui venait à point nommé pour l’un des secteurs les plus touché par la crise. Le constructeur allemand emploi en effet 25 000 personnes en Allemagne, et le même nombre dans les autres pays d’Europe.
Un soupçon d’électrique
Le salon de Francfort sera d’ailleurs l’occasion pour Opel de présenter la nouvelle version de l’Astra, modèle clé dans la stratégie de redressement du constructeur à l’éclair. Scission avec GM oblige, on ne sera pas sûr de retrouver sur les stands du constructeur le GM HydroGen4 qu’Opel avait fourni à neuf entreprises de la région de Berlin pour le tester en condition réel. Pas forcément une mauvaise nouvelle, tellement l’hydrogène est aujourd’hui dépassé par une autre source d’énergie : l’électricité. Car le secteur automobile semble s’être donné le mot ces derniers mois en présentant plusieurs dizaines de concepts ou futures séries propulsées à moitié (hybride) ou entièrement par cette "énergie alternative". Mais si le 100 % électrique bénéficie évidemment d’une meilleure image auprès du public, les constructeurs vont déjà chercher à "démocratiser" l’hybride. On pense ainsi au X6 Hybride que BMW présentera sur son stand. Un modèle équipé d’un V8 essence et de deux moteurs électriques, qui affichera une consommation d’essence et des émissions de CO2 en baisses de 20 % par rapport à la version classique du X6. Également électrique, sa transmission nommé "Electric Continuously Variable Transmission" devrait elle aussi faire des émules sur les prochains modèles bavarois. Autre constructeur allemand à avoir privilégié l’option électrique, Volkswagen devrait arriver à Francfort avec son Touareg hybride. Présenté à Genève en début d’année, ce futur concurrent sera équipé d’un V6 TSI de 333 ch (245 kW) et 400 Nm accompagné d’un moteur électrique de 52 ch. Et là aussi les performances en consommation seront optimisées (9 l/100 km).
L’hybridation… un changement en douceur
Côté français, on pourra compter sur Peugeot et son 3008 Hybrid4 pour venir donner la réplique. Par ailleurs, le lion présentera pour la première fois son Peugeot 4007 2,2 l HDi FAP DCS 6. Sous cette dénomination barbare se cache surtout la nouvelle boîte à double embrayage du groupe PSA (DCS6) qui devrait permettre d'adapter plus précisément le caractère de la voiture à son conducteur et au terrain rencontré grâce à plusieurs modes de fonctionnement. Le frein moteur pourra également être modulé en fonction du degré de la pente ou de la montée. Bonne nouvelle, ce 4007 sera commercialisé dès la fin du mois. Kia, de son côté, présentera, là aussi pour la première fois en Europe, le Sorento hybride en même temps que la version restylée de son Sorento "classique". Si le Sorento 2 recevra un véritable coup de jeune (nouvelles lignes et gain de poids de 215 kg), le Sorento hybride ne sera pas en reste à ses côtés. Avec un moteur électrique associé à un diesel 1,6 l suralimenté par deux turbos et 119 g de CO2 par km pour un 4x4 de 4,7 mètres de long, le Sorento pourrait presque faire concurrence à une Clio ou une 207 en terme d’émissions de CO2. Une indigestion d’hybride ? Pas de soucis, ce type de propulsion est encore loin de faire de l’ombre aux bons vieux blocs essences ou diesels. Avec une estimation à 10 % des ventes en 2020, l’hybride ne devrait gagner que progressivement des parts de marché dans toutes les gammes sur les prochaines années. Pas une révolution mais un changement en douceur.
Des bonnes raisons de lutter contre la morosité ambiante
Modèles corrigés ou véritables nouveautés, Francfort offrira certaines garanties malgré une ambiance morose. On souligner la présence du Skoda Yeti qui devrait inquiéter la concurrence grâce à un look réussi et des tarifs agressifs. Le SUV tchèque sera d’ailleurs bien disponible en quatre roues motrices, tout comme le Hyundai Ix35 qui adoptera un look moins tout terrain pour des lignes plus tendues et effilées. L’Ix35 devrait remplacer le Tucson et continuer ainsi à faire de l’ombre au Qashqai. Chez Mazda, on notera la présence du Mazda CX-7 qui sera équipé du système de réduction catalytique sélective (SCR), venant épauler le turbo diesel MZR-CD 2,2 litres (173 ch et 400 Nm). Enfin, si certains modèles devraient se faire plus discrets, il pourrait gagner à être connus. On pense notamment au Dodge Caliber qui peine à se faire une place sur le marché européen, mais devraient remonter sa cote grâce à sa nouvelle version qui bénéficiera d’un habitacle à la hauteur. Autre dimension avec la nouvelle version du Suzuki SX4 présentée en première mondiale à Francfort. Cette compacte sportive sera commercialisée en quatre roues motrices et affichera des émissions de CO2 et une consommation de carburant en baisse. Enfin, on attendra aussi le D8 Peking-to-Paris du constructeur néerlandais Spyker, véritable ovni dans la catégorie.
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