Diesel ERAD Hybrid : Land Rover prépare l’avenir
Par Vincent Girard Le 01 08 2008
Alors que Land Rover fête ses 60 ans, cet anniversaire semble également marquer un tournant dans la politique moteur du constructeur anglais. En atteste le Freelander 2 équipé d’une motorisation hybride, thermique Diesel et électrique type "mild-hybrid". Objectif annoncé : baisse de la consommation et donc de la pollution.
Mieux vaut prévenir que guérir. Cette adage semble être actuellement la panacée pour tous les constructeurs de 4x4. Bien conscient des dangers qui guettent le secteur à la vue de l’envolée du prix du carburant et des contraintes environnementales de plus en plus contraignantes, le 4x4 est en train de muer. Un changement progressif que Land Rover a adopté en présentant son dernier Freelander 2 baptisé "Diesel ERAD Hybrid". Le Freelander a été utilisé par la marque britannique pour tester toute une batterie de technologies "vertes". Le choix final s’est porté sur l’hybride, technologie largement privilégié par les constructeurs ces dernières années pour préparer l’avenir. Ce Freelander 2 est équipé d’un traditionnel moteur thermique diesel 2,2 l TD4 et d’un moteur électrique de 35 kW maximum situé dans l'essieu arrière. Appelé ERAD (Electric Rear Axle Drive), ce système peut transmettre la puissance aux roues avant par l’intermédiaire de l’arbre moteur pour conduire le véhicule en 4 roues motrices. Il fournit jusqu’à 200 Nm et se trouve couplé à un différentiel Haldex qui gérera seul la nécessité ou non d’actionner le train arrière. De même, lorsque le différentiel Haldex est actif et que le Freelander 2 n'avance que grâce à l'ERAD, la puissance peut être transmise aux quatre roues.
L’esprit tout terrain conservé
L’objectif du système est de permettre de réduire les émissions de CO2 tout en conservant les aptitudes tout-terrain du véhicule. Autre atout environnemental, le moteur électrique est équipé d’un mode générateur qui permet d’emmagasiner l’énergie produite par les phases de freinage. Une énergie qui est ensuite transmise directement à la batterie lithium ion. L’arbre à cames à démarreur/générateur intégré équipe également le "Diesel ERAD Hybrid" et dote le moteur thermique diesel d’une fonction Stop-Start, utilisé lors d’un arrêt au feu rouge, par exemple. Ce système agit en à peine 400 millisecondes et permet de réduire la phase de consommation. Concernant la batterie lithium ion, plus légère et rapide à charger qu’une batterie au nickel (celle qui équipe la Toyota Prius), Land Rover l’a baptisé "Lithium Nano Titanate". Celle du "Diesel ERAD Hybrid" produit 288 V et affiche un rapport poids/puissance de 2 500 W/kg pour un poids raisonnable de 30 kg. Électricité toujours avec la pompe de direction assistée qui fonctionne seulement en cas de besoin grâce à un moteur électrique, pour un gain en consommation de 2 %. Enfin, c’est le système "Terrain Response" qui se charge de répartir la puissance entre les énergies thermiques et électriques, notamment en condition de franchissement. Ce qui permet d’assurer une bonne adhérence des roues et une consommation optimisée grâce à différents modes (éco, dynamique, herbe/gravier/neige, boue, ornières et sable) dont tous les futurs modèles Land Rover seront équipés. L’ensemble de ces innovations devrait voir le jour chez les concessionnaires dans les années futures
Passer la norme ou disparaître
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Avec cette nouvelle technologie, le Freelander Diesel ERAD Hybrid se pose en concurrent direct du futur X5 Vision Efficient Dynamics de BMW et du GLK Bluetec Hybrid de Mercedes, tout deux équipés d’une technologie "mild-hybrid" semblable à celle du Freelander. Question motorisation, Land Rover semble donc lui aussi privilégier cette piste. Son superbe concept LRX est d’ailleurs lui aussi équipé de ce système, censé limité les émissions de C02 à 120 g/km (l’équivalant du rejet d’une Twingo 1.2 l essence). Reste maintenant à voir réellement la rentabilité d’une telle technologie qui n’est appliqué pour le moment que sur quelques utilitaires légers circulant au Japon, du fait du prix de revient élevé et de la complexité du système.
Par ailleurs, la marque anglaise, propriété de Tata souhaite développer une voiture de série en aluminium recyclé. Le recyclage nécessite peu d’énergie et la matière brute proviendrait de biens de consommations rebutées. Si toutes ces mesures visent à changer l’image du 4x4, et donc à stopper l’hémorragie des ventes de ce secteur, les producteurs de 4x4 cherchent aussi simplement à répondre aux futures normes imposées par les États. Les très sévères BIN5 (normes antipollution américaine) et Euro 6 (future norme européenne en 2014) seront peut-être à l’avenir les plus coriaces adversaires des constructeurs. Découvrez aussi toute l'actualité >>> CO2 <> Environnement <> Ecologie <> Voyage <> 4x4
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