Biodiesel Adventure : De l’huile de friture pour seul carburant
Par Vincent Girard Le 16 07 2008
On peut conduire un 4x4 et avoir une conscience environnementale. C’est le cas de Shusei Yamada, pilote de Rallye Raid et photoreporter, qui s’est lancé dans une aventure pas forcément gagné au départ : parcourir quatre continents avec un Toyota Land Cruiser biodiesel, alimenté par les huiles de cuisine.
Après avoir parcouru plus d’une centaine de pays et arpenté plus de deux millions de kilomètres de spéciales, Shusei Yamada, a quitté la compétition, 21 ans après son premier Dakar pour se lancer dans un autre défi. Ce pilote japonais de 51 ans est parti de la côte ouest des États-Unis, en décembre 2007, à bord d’un Land Cruiser HDJ100 pour rejoindre 80 000 km plus loin son pays natal après avoir traversé une trentaine de pays. Jusque-là, Shusei aurait pu être un simple baroudeur de plus. Or, la particularité de son voyage réside dans le carburant utilisé par le 4x4. Son Land Cruiser fonctionne en effet au biodiesel. Une caractéristique pas inutile pour éviter le laborieux ravitaillement à la pompe. L’aventurier fait ainsi appel à toutes les bonnes volontés qui croiseront son chemin pour le fournir en huile végétale. Car, si la plupart des véhicules biodiesel doivent être alimenté par une huile déjà traité (c’est le cas de celle proposée dans les stations services), le 4x4 de Shusei est équipé de son propre système de purification d’huile. Cette raffinerie portative peut traiter environ 14 litres d'huile végétale à la fois et le réservoir a une capacité de 340 litres.
Des donateurs essentiels
On comprend mieux pourquoi le japonais à privilégié le HDJ 100 dont la grande capacité aura permit à l’imposant générateur de s’imbriquer à l’arrière du véhicule (voir photos). L’équipe japonaise a ainsi réalisé l’un des procédés de purification de l’huile végétale à l’eau le plus compact du monde. Les stations services sont donc remplacées par les milliers de cuisines locales que Shusei et les deux autres pilotes du Land Cruiser croisent sur leur périple. Une méthode qui garantie au Toyota un approvisionnement sans problème car 90 % des huiles utilisé dans la cuisine sont potentiellement recyclable par le générateur. L’équipe de Shusei avait estimé à 6 000 litres le besoin en huile pour parcourir les 70 000 à 80 000 km. Une prévision exacte au regard des 2 900 litres déjà utilisés pour la traversée des États-Unis et de l’Afrique subsaharienne. Autre particularité du Land Cruiser de Shusei qui vise à attiser l’attention des curieux (et donc des potentiels donateurs d’huile), la peinture verte métallisée donne des tons différents selon l’angle de vue.
L’eldorado belge
Si le but avoué du voyage est de promouvoir le biodiesel, il ne se base pas uniquement sur une promotion locale du procédé. Une télé japonaise a accepté de suivre le périple, garantissant ainsi une médiatisation plus large du projet. C’est d’ailleurs cette même chaîne de télévision qui a financé le la moitié du coût total du projet. Seul bémol à la poursuite de l’aventure, les températures extrêmes rencontrées dans certaines régions de Russie. Après un test à Vancouver en 2007, l'équipe avait été coincée plusieurs fois à cause de l’huile qui s’était solidifié dans le moteur lorsque la température était passée en dessous de zéro degré. Á l’heure actuelle, l’équipage se trouve proche de Lyon. Au hasard d’une rencontre, n'hésitez donc pas à interpeller le Land Cruiser, difficilement évitable avec sa carrosserie verte criblée de stickers de marques japonaise et américaines. Dans une centaine de kilomètres, c’est un pays providentiel que traversera Shusei Yamada… La Belgique promet en effet de regorger de stations ambulantes pour son 4x4 carburant à l’huile (de friture en l’occurrence). Pour contacter Shusei et son équipe : shusei@ex-station.com Site officiel du projet (en anglais) Blog officiel de la BioDiesel Adventure (en anglais) Découvrez aussi toute l'actualité >>> CO2 <> Environnement <> Ecologie <> Voyage <> 4x4
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