Arrivée de la caravane de la Transorientale le 28 juin dans la capitale chinoise, avec remise des médailles sur la muraille de Chine. Alors que Pékin n’est plus qu’à 41 jours du lancement de ses Jeux Olympiques, présentation des sites sportifs et des travaux titanesques entrepris par les chinois pour mettre à jour leur capitale. Si les jeux sont une fête, ce sont avant tout une formidable vitrine pour la ville organisatrice.
"Du jamais vu !" Ce 12 juin 2006, en visite à Pékin pour évaluer l’avancée des travaux, le Président du CIO, Jacques Rogge, n’en revenait toujours pas. À deux ans de l’ouverture des XXIXe Jeux Olympiques, la capitale chinoise était déjà potentiellement prête à accueillir les sportifs dans ses infrastructures flambants neuves. Cette ponctualité dans les délais est une première dans l’histoire des Jeux Olympiques. La Commission d’évaluation des travaux du CIO était habitué jusque-là, à mettre en garde les organisateurs sur les retards constatés, à l’image de la dernière olympiade à Athènes où certains complexes sportifs furent achevés deux mois à peine avant la cérémonie d’ouverture. Si la fête pourrait être gâchée par des événements extra sportifs (répression au Tibet, question des droits de l’homme), Pékin ne veut pas pour autant en perdre la face. Les Jeux, qui constitue l’événement le plus médiatisé de notre ère, sont une vitrine exceptionnelle pour ce pays qui s’est enfin réveillé. Et la vitrine promet de briller.
Les sportifs sont gâtés
Vous connaissez le périphérique parisien et ses célèbres bouchons ? Pékin en compte cinq, tous en travaux pendant trois ans, pour désengorger la ville de ses 4 millions de véhicules. Paris réaménage 10 millions de mètres carrés en cinq ans ? Pékin construit 200 millions de mètre carrés de logement et de bureaux en plus. En résumé, la ville a tout simplement détrôné Berlin au titre de plus grand chantier du monde. Les milliers d'échafaudages qui grimpent encore sur les façades des immeubles en témoignent. Selon un élu local : "On compte autour de Pékin 10 000 chantiers en construction". Des centaines de milliers d'ouvriers, venus des campagnes les plus reculées, y travaillent pour 50 yuans par jour (un peu moins de cinq euros). La ville a également lancé la construction de quatre lignes de métro dont la dernière s’achève sur le nouveau terminal de l’aéroport international, qui a coûté 2 milliards d'euros.
Concernant les installations sportives, sur les 37 sites olympiques, 31 sont installés à Pékin, dont le "cube", la piscine olympique entièrement payée par les Chinois de l'étranger et le "nid d'oiseau", le stade où se dérouleront les cérémonies d'ouverture et de fermeture. Ils ont respectivement coûté 100 millions et 310 millions d'euros sur un investissement global dédié aux seules installations olympiques de 1,35 milliard d'euros. Conscient des impératifs écologiques du moment, le gouvernement chinois s’est attaché à mettre en avant les caractères novateurs de ses infrastructures. La membrane plastique, qui recouvre intégralement la piscine olympique, permet le passage de la lumière naturelle, réduisant ainsi d'un tiers sa consommation d'énergie. Elle est aussi capable de produire sa propre électricité et de recycler les eaux de pluie. Même principe avec le Palais omnisports de Wukesong, destiné à accueillir les matches de basket-ball. Il est recouvert de plaques en aluminium capables de réfléchir jusqu'à 80 % de la chaleur causée par les rayons du soleil.
Tout n’est pas rose !
Gros point noire de la ville, sa pollution. Le niveau 5, seuil d’alerte maximum est très souvent franchit. Et ce ne sont pas les 500 000 nouvelles voitures de particulier par an qui vont améliorer la qualité de l’air. Au point qu’une vingtaine de délégations sportives de pays ont préféré se préparer en Corée ou au Japon. Hailé Gebreselassie (le recordman du monde du marathon) a, lui, annoncé en début d’année qu’il ne courrait pas la distance à Pékin. Pour remédier au problème, 10 milliards d’euros ont été dépensés pour l'environnement depuis 2001. 200 usines ont été déplacé et éloigné de la capitale. Parmi celles qui restent, la plupart devront cesser toute activité trente jours avant le coup d'envoi des Jeux. 15 000 vieux autobus ont été retirés de la circulation et les légendaires minuscules taxis rouges de Pékin, trop polluants, ont disparu de la capitale. Début mars, la municipalité a décidé que, pendant les Jeux olympiques, les automobiles seront interdites de circulation un jour sur deux, en fonction du numéro pair ou impair figurant sur leur plaque d'immatriculation. Enfin, 200 millions d'arbres seront plantés dans la ville et l’eau promet d’être potable d’ici au 8 août. Mais ces mesures ont un prix… évalué à 29 milliards d’euros, soit les plus chères Jeux Olympiques de l’histoire.
Pékin en chiffres Date de fondation : XIIe siècle Population : 18 millions Superficie : 16 900 km² Altitude : 43 mètres Touristes : 120 millions par an
Chine
République Populaire de Chine
Nature de l’État : Dictature démocratique populaire socialiste