Orsk : L’Oural, frontière naturelle aux multiples visages
Par Vincent Girard Le 18 06 2008
Région de la Fédération de Russie située à près de 1 500 km à l'est de Moscou, l’Oural n’est pas qu’une chaîne de montagne considérée comme une frontière naturelle entre l'Europe et l'Asie. Elle est un des poumons de la grande Russie, avec des caractéristiques historiques, culturelles et touristiques insoupçonnées. Aujourd’hui, il est même possible d’aller skier sur ses monts.
Étalée sur plus de 2 000 km, l’Oural s’étend des toundras gelées de l’arctique aux steppes arides du Kazakhstan. Si ses chaînes montagneuses ont du mal à rivaliser avec les Alpes ou l’Himalaya, l’altitude moyenne de 1500 mètres permet à la neige de tenir une bonne partie de l’année et ses paysages sublimes n’ont rien à envier à ses concurrents européens ou asiatiques. Connue à l'époque médiévale comme la ceinture de Pierre, la région de l'Oural a été colonisée par les russes au XIIe siècle notamment par des trappeurs venant de Novgorod. C’est à cette époque qu’on y installe des comptoirs marchands protégés par des fortins et qu’on commence l’exploitation des premières mines de fer.
Sous l’impulsion de Pierre Le Grand, plusieurs capitales régionales vont se développées dont la fameuse Ekaterinbourg qui accueillera, dans les années trente, le plus important contingent de prisonniers de l’histoire dans les tristement célèbres goulags. Au début du XXe siècle, la capitale économique de l’Oural compte 56 000 habitants et près de 45 usines et manufactures dont certaines comme Ouralmach et Khimach existent encore. L’intensification du potentiel industriel de la ville entraînera une augmentation sans précédent de la population qui atteindra 430 000 personnes à la fin des années trente.
Coupée du monde jusqu’en 1990
La première moitié du XIXe siècle sera aussi marquée par une croissance agitée provoquée par "la fièvre de l’or" liée à la mise en valeur des gisements d'or d’Oural et de Sibérie et à l'exploitation des pierres fines tel le diamant, le saphir, ou la malachite. Cette région qui renferme encore aujourd’hui plusieurs complexes militaro industriels a dû attendre les années quatre-vingt-dix et la Perestroïka pour voir ses premiers curieux ou touristes étrangers. Elle était jusqu’à cette date totalement interdite par les autorités russes.
Sur le plan la culturel, la région aura profité à plein de la Seconde guerre mondiale. Elle a accueilli pendant une dizaine d’année des organismes d’études et de recherches scientifiques qui ont enrichi la région et l’ont sécurisé. Staline y stockera même l’héritage culturel du pays en y accueillant les collections de l’Ermitage, les troupes du Théâtre de l’Armée et du Théâtre Académique d’Art de Moscou. La région fut aussi le berceau d'artistes célèbres, comme le maître de ballet Diaghilev, le compositeur Tchaïkovski ou encore les écrivains Bajov et Sibiryak. La diversité culturelle est largement présente en Oural. De nombreux peuples non slaves ont su faire revivre leurs traditions ancestrales, notamment les Oudmourtes, les Bachkirs, les Komi, les Bessiarmes, les Nenets et les Khanty-Mansisk.
En snowboard sur l’Oural
Mais ces dernières années, la croissance a faibli. De nouvelles régions attirent les investisseurs et l’Oural souffre du passage à l’économie capitaliste. Pour perpétuer une croissance essentielle pour une région de 22 millions d’habitants isolés du monde, les dirigeants locaux ont pris un virage à 180 degrés. Ils misent dorénavant sur l’attrait touristique de la région. Et l’idée un peu folle d’aller faire du snowboard dans l'Oural en Russie est plus que jamais d’actualité.
Direction 500 km au sud et les stations de ski de Balneo et de Absakova. Elles sont réputées en Russie pour accueillir toute la "jet set" du pays et, en particulier, l’ex Président Russe Vladimir Poutine. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut se ruiner pour s’y rendre. Hormis le voyage, les prix des forfaits sont sensiblement les mêmes que ceux pratiqués dans nos Alpes françaises. La chaîne de montagne de l’Oural est plutôt plate et son point culminant dépasse à peine 1 800 m.
Pour skier, l’altitude maximum est de 900 m et les infrastructures sont encore très restreintes. Ceci dit, on ne saurait trop conseiller au aventurier de tenter l’expérience, si ce n’est pour partager une descente avec la population russe locale particulièrement accueillante. Bain russe (sauna et eau froide) et vodka sont là pour faire passer des températures qui avoisinent tout de même les - 20 degrés en hiver.
Mrakovo - Bogotse Étape : 630 km / Spécial : 294 km
L’Oural en chiffres Superficie : 230 000 km² Longueur : 2 500 km Point culminant : Mont Narodnaia Population : 22 millions Pays : Russie, Kazakhstan
Kazakhstan
Nature de l’État : République présidentielle
Superficie : 2,717 millions de km2
Population : 15,3 millions d’habitants
Capitale : Astana (ex Aqmola, capitale depuis décembre 1997)
Principales villes : Almaty (1,129 millions d’habitants), Karaganda, Atyrau, Aktau
Décalage horaire : GMT + 5 à + 6
Monnaie : Tengue
Religion : Musulmans sunnites, chrétiens orthodoxes (slaves), catholiques, luthériens, bouddhistes, etc. Au total plus de 30 confessions.
Fête nationale : 25 octobre (Fête de la République), 16 décembre (Fête de l’Indépendance)
Président : Noursoultan Nazarbaïev
Climat, saisons : Continental
Visa, formalités : oui
Vaccins : non
Adresses utiles (consulats, ambassades) : En France, Ambassade du Kazakhstan, 59, rue Pierre Charon, 75008 Paris. Tél. : 01 45 61 52 00. Sur place : Ambassade de France au Kazakhstan, 173 rue Furmanova, 4800004 ALmaty.