Les 150 premiers kilomètres de la troisième étape vont permettre aux concurrents de longer la Volga. Le plus long fleuve d’Europe coule au sein d’une région considéré comme le berceau de la Russie traditionnelle. Mais les récents développements industriels menace de la transformer en catastrophe écologique.
Prenant sa source entre Moscou et Saint-Pétersbourg, la Volga parcours près de 3 700 km dans toute la Russie pour aller se jeter dans le Mer Caspienne Le fleuve constitua durant plusieurs siècles la frontière orientale de la Russie. Et dès le Moyen-âge, plusieurs peuples s’établirent sur son cours supérieur, et c’est dès cette période que la Volga devint une voie commerciale majeure à l'est de l'Europe. Au fil des conquêtes, le fleuve fut tour à tour exploité par les mongols puis les khanats, pour enfin être définitivement contrôlée par les Cosaques qui placèrent son exploitation commerciale sous le contrôle de Moscou.
Au XVIe siècle. Pour asseoir son emprise sur la région, les Tsars édifièrent de nombreux kremlins sur la rive droite du fleuve, car plus escarpée. À la fin du XIXe siècle, la prédominance du chemin de fer, et notamment du Transsibérien (voir "Nijni : Le grand bazar du Transsibérien"), installa définitivement la Volga comme un axe de communication facilitant l'expansion russe en Sibérie et sur la Caspienne.
Des SS-20 aux réfrigérateurs
Aujourd’hui, les quelques croisiéristes qui organisent des voyages sur ce fleuve, navigable sur toute sa longueur, garantissent aux touristes des rencontres inoubliables avec les autochtones de la région. Car la région de la Volga, berceau de la Russie traditionnelle, fermée aux étrangers pendant toute la période soviétique, s'est ouverte au tourisme tardivement, bien après la désintégration de l'URSS en 1991.
Si cette région hébergea des Russes allemands, invités par Catherine II de Russie à s'installer sur ces terres pour les cultiver, celle-ci, appelée "la République socialiste soviétique des Allemands de la Volga" fut dissoute par Staline… Et ses habitants furent en partie déportés dans d'autres régions pour les punir des actes de collaboration avec les occupants allemands. Ainsi, la ville de Saratov fut fermée aux étrangers jusqu’en 1993, étant l'un des joyaux du complexe militaro-industriel soviétique, avec ses unités de production d'armes chimiques ou de SS-20. L'usine de missiles existe toujours mais elle fabrique désormais des réfrigérateurs !
Mais c’est bien ce nouveau développement industriel sur les bords de la Volga qui pourrait être à l’origine d’un drame écologique si des mesures ne sont pas prises en urgence. "La création d'une succession de bassins artificiels le long de la Volga a entraîné le développement d'industries gourmandes en eau et nocives pour l'environnement. Leurs eaux usées constituent la principale cause de pollution de la Volga", constatent les scientifiques. Selon le quotidien russe "Rossïiskaia Gazeta" : "Tous les êtres vivants du fleuve, des plantes aux poissons, sont broyés par les turbines des centrales d'hydroélectricité". Au final ce sont 72 867 millions de poissons qui passent tous les ans dans les 22 turbines du réservoir de Volgograd.
Un fleuve qui se meurt
Selon les scientifiques, plusieurs bassins fluviaux de la Volga sont également très atteints. Leurs eaux sont principalement contaminées par des substances organiques à acidification élevée qui entrent en décomposition, absorbant l'oxygène de l'eau sans en laisser pour la respiration des poissons. Le taux limite de demande biologique en oxygène a été dépassé de 50 % en 2005. Les instances de contrôle ont ensuite relevé des traces de pétrole dans une concentration de 17 à 91 % supérieure aux plafonds tolérés. Une situation qui semble peu concerner les pouvoirs publics.
Des scientifiques de Saint-Pétersbourg, ayant mis au point une méthode relativement simple et peu onéreuse de ressusciter le grand fleuve et ses lacs, sont dans l'incapacité de la mettre en application en raison de la résistance opposée par l'appareil administratif et des lobbies. Et les autorités en charge des centrales nient avoir connaissance de dégâts provoqués par les turbines sur le milieu fluvial et empêchent la progression du programme, au point mort depuis 2000 selon ses auteurs.
Petrovski - Yelabouga Étape : 574 km / Spécial : 152 km
La Volga en chiffres Longueur : 3 700 km Débit moyen : 7 300 m3/s Affluents principaux : Mologa, Cheksna Se jette dans : la Mer Caspienne Nombre de barrage : 8 Prix d’une croisière : 1 000 à 2 000 euros
Religion : majorité chrétienne orthodoxe (82 %), islam (15 à 20 millions de musulmans, soit environ 12 % de la population), bouddhisme, judaïsme.
Fête nationale : 12 juin.
Président : Dimitri Medvedev.
Climat, saisons : Continental.
Visa, formalités : oui.
Vaccins : non.
Adresses utiles (consulats, ambassades). En France : Ambassade de Russie, 40, boulevard Lannes, 75016 Paris. Tél. : 01 45 04 05 01. Sur place : Consulat de France, 15, quai de la Moïka, à Saint-Pétersbourg. Tél. : 312 11 30. Office du tourisme de Russie, Hôtel Astoria, Issaakievski pl., bât. B (au fond à droite), à Saint-Pétersbourg. Tél. : 210 50 41.