Alors que la deuxième étape de la Transorientale 2008 fait escale à Nijni en tant que ville arrivée de la spéciale du jour, cette région possède la caractéristique d’accueillir le fameux Transsibérien. La plus grande ligne de chemin de fer du monde est une garantie indéniable de dépaysement totale entre l’Europe et l’Asie. Départ immédiat !
C'est plus de 9 000 kilomètres que le Transsibérien parcourt toute l'année, traversant tantôt des plaines enneigées, tantôt des paysages semi désertiques, dignes de l'immensité de l'Asie centrale à l’image des pistes ensablées de la Transorientale. Mais il ne faut pas croire que le trajet n'est ponctué que de petits villages. Les chemins de fer ayant toujours contribué au développement des villes situées sur leur passage, il est logique de trouver de grands centres urbains en plein milieu de nulle part, au cœur de la Russie profonde. Nijni Novgorod, Novossibirsk, Iekaterinbourg ou Omsk sont des villes de près de deux millions d'habitants.
Malgré un voyage étalé sur cinq ou six jours, le Transsibérien a le coût au kilomètre le plus bas au monde. Cette ligne, construite à la fin du XIXe par Alexandre III, est depuis cent ans, utilisés quasi exclusivement pour le commerce entre les russes et les chinois. Mais les touristes, aussi peu nombreux soient-ils, sont aussi acceptés. Plusieurs trajets sont possibles pour rallier Moscou à Pékin.
Il existe deux autres lignes parallèles à la Transsibérienne classique ou plus précisément deux bifurcations. Chaque passager à la possibilité de parcourir les trois quarts de la ligne originelle, de Moscou à Oulan-Oude, pour ensuite traverser la Mongolie et une partie de la Chine pour arriver à Pékin ; ou encore d'aller de Moscou à Tchita, puis d'entrer en Chine pour rejoindre également Pékin. La première option porte le nom de Transmongolien et la deuxième de Transmandchourien.
Une croisière jusqu’au cercle polaire
Le trajet emprunté par la Transsibérienne permet de réaliser des expériences inoubliables, à l’image des expéditions sur le lac Baïkal dont la transparence unique et la visibilité parfaite jusqu'à quarante mètres de profondeur ont fait la légende dans cette partie reculée de la Sibérie. Pour les plus téméraires, le voyage en pleine saison polaire (-20° tout de même) donnera l’occasion d’une traversée du lac en traîneau. Également au programme pour les budgets illimités, la remontée du fleuve de l’Ienisseï qui croise la route du Transsibérien à Krasnoïarsk.
Cette "croisière" est la seule qui permette à des touristes lambda d’atteindre le cercle polaire arctique. Les Trek dans les régions montagneuses de l’Altaï ou de l’Oural font également partie des incontournables. Après le passage des terres mongoles, la steppe s’étend jusqu’à l’horizon. Un cavalier, le gardien d’un troupeau de chameaux ou une yourte sont les seuls points d’humanité dans l’étendue sans fin.
Trois classes sont disponibles pour les voyageurs. Le décor désuet des premières rappelle au voyageur le luxe passé, à l’époque où le Transsibérien était souvent emprunté par des diplomates asiatiques venu entretenir les relations avec le géant russe. Mais, aujourd’hui, les velours sont râpés, les couleurs fades et les rideaux délavés. Dans les autres wagons, les couchettes sont étagées sur trois niveaux. Il n’est pas rare de croiser certains visages occidentaux en troisième classe, là où le dépaysement total sera garantie. En compagnie des Chinois et des Russes qui dévoilent des cargaisons de sacs de riz, des ballots de vêtements ou des ustensiles en plastique, posés là où la place le permet, le confort est évidemment loin des standards occidentaux. Et les arrêts, peu fréquents sur le trajet, transforment chaque quai visité en bazar où les objets les plus inattendus sont proposés.
Cinq jours de nostalgie et d’aventure
Le wagon-restaurant change avec le territoire. Russe pour commencer, mongol ensuite, puis chinois pour terminer (où l’inverse si l’on préfère une traversée Pékin Moscou). Il offre une gastronomique hétéroclites et des expériences inégales. Maïs, cantine ou gargote (restaurant bon marché), il fait partie du voyage, suscite des migrations régulières et apporte à sa manière un supplément d’exotisme dans un voyage qui n’en manque pas. Les puissantes odeurs d’ail, les effluves de mouton bouilli ou les fumets aigres de solianka (soupe au chou russe) s’accompagnent de grincements et de balancements d’essieux. Aux heures d’ouverture, c’est le lieu le plus animé du train.
De Moscou à Beijing, le voyageur a donc cinq jours pour goûter la nostalgie d’un voyage mythique et se mêler à la foule des aventuriers et des spécialistes de tous les trafics. Le Transsibérien est la seule possibilité de découvrir l'ensemble du plus grand pays du monde en un laps de temps raisonnable. Cette traversée ferroviaire d’Asie en Europe n’a pas finit d’exercer toujours la même fascination.
Transorientale 2008, Étape N°2 Rogatchevo - Petrovski Etape : 736 km / Spécial : 92 km
Le Transsibérien en chiffres Date de construction : 1914 Distance : 9 000 km Durée du trajet : 5 à 6 jours Prix du billet Moscou Pékin (2 places min.) 276 (troisième classe) à 11 400 € (catégorie "Deluxe")
Religion : majorité chrétienne orthodoxe (82 %), islam (15 à 20 millions de musulmans, soit environ 12 % de la population), bouddhisme, judaïsme.
Fête nationale : 12 juin.
Président : Dimitri Medvedev.
Climat, saisons : Continental.
Visa, formalités : oui.
Vaccins : non.
Adresses utiles (consulats, ambassades). En France : Ambassade de Russie, 40, boulevard Lannes, 75016 Paris. Tél. : 01 45 04 05 01. Sur place : Consulat de France, 15, quai de la Moïka, à Saint-Pétersbourg. Tél. : 312 11 30. Office du tourisme de Russie, Hôtel Astoria, Issaakievski pl., bât. B (au fond à droite), à Saint-Pétersbourg. Tél. : 210 50 41.