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Actualités >> Monde de l'automobile
René Metge, directeur de course de la Transorientale
Par Damien Caparros Le 02 06 2008
La 1e édition de la Transorientale partira le 12 juin prochain de Saint-Pétersbourg pour s’achever, 16 jours plus tard, à Pékin, après avoir traversé Russie, Kazakhstan et Chine. À quelques semaines du départ, présentation du concept avec l’un des co-organisateurs, le baroudeur René Metge, pilote, co-pilote et concepteur du tracé de cette épreuve.

Est-ce pour vous le rallye le plus difficile que vous ayez tracé ? En tout cas, plus difficile que les deux premiers Paris Pékin ?

Il est clair que c’est le plus compliqué des trois. La première raison est simple : il est aussi long que les Paris Pékin, mais se courra sur moins de jours. Ensuite, les six étapes qui se disputeront en Chine seront très difficiles. Sur l'une d’entre-elles, une dune est de la taille de la Tour Montparnasse et la descente est à 45°c. Même moi, qui aie l’habitude de ce genre d’obstacle, j’étais impressionné et j’ai assuré dans la descente, m’arrêtant même pour vérifier que les concurrents pourraient également y passer sans encombre. Des dunes comme celle-là, j’en ai 5 ou 6 au programme. Je peux vous assurer que le camion 6x6 que nous avions pour les reconnaissances est tout petit quand il est en haut de la dune.

Cependant, même si cette course est un véritable rallye raid, avec les difficultés que cela entend, vous avez choisi plusieurs options pour les concurrents, avec des épreuves plus faciles ?

Oui, ce sont les Raids de Régularité et Découverte. Attention cependant, ils ne font pas le même parcours. Par exemple, ils ne vont pas traverser ces dunes. Pour les traverser, il n’y a qu’un seul chemin de toute façon. Les Raideurs n’en escaladeront qu’une, avant de faire demi-tour. C’est la seule étape qu’ils n’achèveront pas. Mais d’une manière générale, j’ai toujours cherché à valoriser les décors et à trouver les sites les plus intéressants et les plus majestueux.

Quelle était votre motivation au moment des reconnaissances justement ? Trouver les plus beaux passages ou les plus difficiles, ou tenter de réaliser un subtil mélange des deux ?

Clairement, les deux. La première grande difficulté qui s’est présentée à nous a été de trouver une artère principale en asphalte, car la course est également ouverte aux deux roues motrices. Nous avons notamment un Porsche Cayman qui disputera l’épreuve. Nous l’avons trouvée, mais parfois sur 100 ou 150 km, il y a quelques trous. Alors bien sûr, les locaux passent dessus, avec des Lada qui ont parfois, voire souvent, connu l’Union Soviétique. Mais cette course est avant tout une grande découverte, un grand livre d’histoire. Ce sont trois pays, trois cultures différentes qui s’ouvrent devant les concurrents. Voir les steppes du Kazakhstan, c’est comme découvrir le Ténéré : il n’y a rien autour de soi sur des centaines de kilomètres, mais c’est à voir, au moins une fois.

Quel a été l’accueil des pays traversés et comment voient-ils un tel événement, d’un point de vue économique notamment ?

L’accueil a été excellent. Ce qui a joué pour nous, c’est que ce sont trois pays qui sont fous de voiture. Et puis, c’est vrai qu’économiquement, c’est toujours bon pour un pays d’avoir un rallye à étapes, car cela fait fonctionner l’économie locale. Pour la Kazakhstan, c’est également l’occasion de montrer que le pays est véritablement en plein développement. La capitale, Astana est incroyable, c’est une ville totalement neuve, avec des gratte-ciels, on dirait New York. En cela, elle fait un peu penser aux grandes villes chinoises des provinces, villes-champignons, bâties en seulement quelques années.

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