Sur la piste des éléphants
Par bernard Le 13/02/2008
Mali n° 4 - En remontant vers le Pays Dogon, nos deux hommes retrouvent une compatriote expatriée qui va les aider à suivre la piste de l’un des animaux les plus impressionnants d’Afrique, l’éléphant.
En passant à Sévaré, nous nous arrêtons dire bonjour à Marion, une connaissance française qui habite six mois par an au Mali et qui connaît très bien le pays pour l’avoir sillonné dans tous les sens. Il y a toujours des informations à glaner, surtout que Gino cherche à localiser les éléphants dans le Gourma et que les réponses africaines obtenues sont pour le moins approximatives. Nous restons dans la réserve pendant deux jours, afin de mettre en place des réseaux qui permettront aux différents groupes de se rendre directement au plus près des éléphants.
L’organisation s’accorde une demi-journée pour l’approche et les photos, il n’y a donc pas de place pour la chance et l’improvisation. Cette réserve naturelle n’est pas du tout exploitée, ni visitée, comme au Kenya par exemple. Il faut tout faire par soi-même, la recherche de traces, des crottins et des potins de brousse… "Ils sont passés par ici, ils repasseront par là".
Sachant en plus que ces animaux sont de la couleur de la végétation et ne deviennent visibles qu’à une centaine de mètres, il faut les pister quelques fois plusieurs jours pour réussir à les localiser. Se faufiler dans la forêt, ne pas se tordre les chevilles dans des empreintes de pied dans la boue séchée... Quarante centimètres carrés, c’est déjà un trou.
Après, il faut les suivre, en restant caché, jusqu’à quarante kilomètres par jour. Mais la chance existe aussi et, en fin de journée, du haut d’une dune, nous pouvons admirer celui appelé respectueusement le "Grand mâle", qui, lentement, majestueusement, sereinement, est en train de rentrer dans le bois pour rejoindre ses congénères. Heureux de notre rencontre, nous repartons vers Tombouctou la mystérieuse.