Souvenirs par centaines
Par bernard Le 13/02/2008
Mali n° 6 - Le voyage touche à son terme, et, après avoir découvert le Mali profond, les éléphants, la brousse et rencontré tant de nouveaux amis, il est temps de repartir vers la France.
Une vingtaine de kilomètres plus loin, aux chutes du Félou, nous rencontrons un autre Français, seul, à VTT. Il projette de se rendre à Bamako par cette piste. Il a l’air surpris, désappointé, inquiet, quand nous lui confirmons son chemin. Visiblement, il s’attendait à trouver une vraie piste roulante. Nous arrivons à Kayes et les reconnaissances s’achèvent. Au centre ville de Bamako, "le grand hôtel" nous accueille. Le confort aux normes européennes est fort agréable après tout ce temps en brousse, en bivouac et dans la poussière de la latérite. Le soir, nous décidons de nous offrir du bon temps et un restaurant avec de la musique locale. L’Akabar nous est conseillé.
En arrivant devant celui-ci, la police nous empêche d’y entrer. Nous demandons le patron car nous avions téléphoné pour réserver. Il nous explique que son restaurant est loué pour le tournage d’un film. Qu’à cela ne tienne, nous serons les seuls clients.
Il nous installe à une table et nous profitons du spectacle. De plus, il y a de la musique et la scène qui s’y tourne est une invitation à la danse. L’orchestre est tout simplement génial, un des guitaristes a joué avec Santana. Le metteur en scène mauritano-malien, Abderhaman Sissako, d’une gentillesse touchante, vient installer ses pupitres de contrôle près de nous et nous baigne dans l’ambiance du tournage, prenant le temps de nous expliquer ce qui ne lui plaît pas.
Une équipe d’une centaine de personnes s’agitent comme dans une ruche. Nous sommes bien loin des nuits en brousse. Le metteur en scène est exigeant et rien n’échappe à son œil scrutateur. Son film, "La Cour", raconte la mondialisation vue du côté africain. Pas de doute, pour moi qui ne connais maintenant qu’une toute petite partie de ce raid "Couleurs d’Afrique", faire la boucle complète doit être un voyage extraordinaire.
Les contrastes de vie, les coutumes, les couleurs, les odeurs sont saisissants. Dans l’avion du retour, les images se bousculent, s’enchevêtrent… Je finis par m’endormir en rêvant au 4x4 que j’ai envie de m’acheter pour participer à cette aventure.